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Focus QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL : Vers un nouvel équilibre

01 juillet 2016

Longtemps réduite à la seule dimension de la prévention des risques, la santé au travail est aujourd’hui envisagée sous un angle nouveau : celui de la qualité de vie au travail qui a pour ambition de réconcilier le bien-être des salariés et les performances de l’entreprise.

Lorsque l’on interroge les salariés français sur leur appréciation de la qualité de vie au travail dans leur entreprise, le résultat est sans appel : selon une étude Deloitte/Cadremploi.fr publiée en avril 2015, la note moyenne attribuée dans le secteur privé est à peine de 4,8/10.

De leur côté, les agents de la fonction publique sont plus sévères encore avec 4,2/10. La même enquête indique que 3 salariés sur 4 considèrent que leur qualité de vie au travail s’est dégradée au cours des dernières années, au même rythme d’ailleurs que le climat social dans l’entreprise, jugé mauvais par 68% des répondants…

Ces chiffres viennent corroborer un sentiment de démotivation largement porté par les médias qui multiplient les accroches sur les méfaits du stress au travail, le burn out (l’épuisement professionnel) et son nouvel avatar, le bore out (l’ennui au travail)…
Qualité de vie au travail
Dans ce contexte pour le moins morose, certaines entreprises affichent pourtant une « bonne humeur » presque insolente, à l’instar de celles visitées par le journaliste Martin Meissonnier dans le cadre de son documentaire Le Bonheur au travail qui a créé l’événement sur Arte en février 2015. Devant la caméra, les salariés épanouis de la biscuiterie Poult et de la fonderie Favi, pour ne citer que ces deux entreprises françaises, déclarent spontané- ment « prendre du plaisir en venant travailler le matin » et « s’éclater dans leur job » tandis que leurs dirigeants respectifs se réjouissent d’excellents résultats, par ailleurs équitablement redistribués.

Si le modèle managérial, à la fois audacieux et avant-gardiste, développé par ces entreprises « libérées » et porté par des dirigeants d’exception, ne peut assurément pas être érigé en principe universel et décliné dans toutes les organisations, leur exemple indique toutefois qu’il est possible de « réenchanter » le travail. À condition de poser l’équation dans les bons termes, en réconciliant notamment deux notions longtemps restées étrangères l’une et l’autre : le bien-être au travail et la performance.

 

Pas de "bien-être" sans "bien-faire"

C’est précisément à la croisée de ces deux enjeux a priori antinomiques qu’a émergé, ces dix dernières années, la notion de qualité de vie au travail (QVT). Alors qu’en France, le débat social s’inscrit traditionnellement dans une logique de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail – dont le principal acteur, l’Anact* tire d’ailleurs son nom –, les importantes transformations du travail, les incessantes réorganisations des entreprises et les profondes évolutions technologiques et sociétales survenues ces dernières années ont totalement changé la donne.

Les cas de suicides intervenus dans de grandes entreprises et administrations depuis le tournant des années 2000 ont par ailleurs mis en lumière la question de la souffrance au travail et des risques psychosociaux (RPS) qui ont rapidement investi le débat public. Parallèlement, des voix se sont élevées pour proposer une autre approche.

Plutôt que d’envisager le travail uniquement sous l’angle de la souffrance, des risques induits et des coûts, Yves Clot, responsable de la chaire de psychologie du travail du Cnam, suggère par exemple de lui redonner du sens, considérant que le respect du « travail bien fait » est la meilleure prévention contre les RPS et le stress. Pour le psychologue, il n’est pas de « bien-être » sans « bien faire », ni de « travail de qualité » sans « qualité du travail »…

En 2010, le rapport Lachmann, commandé par le gouvernement de l’époque, s’inscrit dans une logique similaire et associe clairement jusque dans son titre le « bien-être » et « l’efficacité au travail ». « Il paraît indispensable de repenser des modes de management, d’organisation et de vie sociale dans l’entreprise qui permettent de créer un nouvel équilibre, intégrant la performance tant sociale qu’économique », écrivent ses auteurs


Une quête de sens légitime

Enfin, l’accord national interprofessionnel (ANI) du 19 juin 2013, qui consacre officiellement l’acronyme QVT, souligne lui aussi les liens indissociables entre qualité de vie au travail, qualité du travail et performance. À travers cet accord, les partenaires sociaux se sont donné trois ans pour explorer le nouveau concept et expérimenter de nouvelles approches de l’organisation du travail. Gestion des temps, reconnaissance et confiance, autonomisation et responsabilisation, équité, redistribution, engagement sociétal… Les pistes de réflexion ne manquent certes pas pour donner corps à la qualité de vie au travail, mais force est de constater que le chemin est encore long.

L’enjeu est pourtant de taille : car il s’agit bel et bien de trouver l’équilibre entre une quête de sens légitime de la part des salariés et des attentes accrues des entreprises en termes d’engagement vis-à-vis de leurs collaborateurs dans un contexte économique de plus en plus exigeant.

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